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Protéger les dirigeants contre la défaillance d’entreprise : un enjeu individuel et social

La défaillance d’entreprise constitue un risque pris très au sérieux par de nombreux dirigeants qui ne cotisent pas au GARP et ne peuvent donc prétendre à des indemnités en cas de cessation d’activité ou de dépôt de bilan. Michael Mahiddini, fondateur et dirigeant de la société APA ASSURANCES, rappelle que nous sommes dans une période de mutations accélérées de l’économie et que se protéger de ce risque majeur en contractant une assurance est devenu primordial.

Seule la moitié des entreprises crées il y a cinq ans sont toujours en activité à l’heure actuelle, souligne Michael Mahiddini. Cela revient à dire que ce risque concerne potentiellement un très grand nombre de dirigeants. De plus l’incertitude et l’ambiguïté caractérisent plus que jamais l’environnement des affaires et l’horizon temps permettant d’évaluer la bonne santé et la viabilité d’une organisation se rétrécit chaque année.

De plus, la plupart des chefs d’entreprise sont mal préparés pour affronter une situation de chômage. Il leur revient, de par leur fonction, d’assumer la prise de certains risques professionnels, mais lorsqu’ils doivent passer par les fourches caudines du marché de l’emploi, ils peuvent se retrouver en grande difficulté et surtout sans revenus. Michael Mahiddini insiste donc sur les enjeux personnels de la souscription d’une assurance garantissant ce risque. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les dirigeants d’entreprise se retrouvent sur un marché de l’emploi étroit et très concurrentiel. Retrouver un emploi leur prendra mathématiquement plus de temps qu’aux salariés qu’ils dirigeaient auparavant.

Quels risques pour les chefs d’entreprise ?

Ce risque est multiforme : psychologique, patrimonial et personnel ajoute Michael Mahiddini. L’échec sanctionné par une liquidation ou une cessation de paiement rejaillit sur le gestionnaire qui va devoir l’assumer pour se reconstruire professionnellement. Dans certains cas, il est responsable pénalement des conséquences et des conditions d’une défaillance. Se retrouver sans aucun revenu de substitution peut alors avoir des conséquences catastrophiques contre lesquelles il lui revient de se prémunir. En cas de chômage suite à une cessation d’activité, la durée moyenne de recherche d’emploi oscille entre six et neuf mois, parfois beaucoup plus pour les quinquagénaires. Privés de tout revenu, certains ex-dirigeants sans emploi n’ont souvent d’autre choix que d’accepter des emplois moins qualifiés et de subir un déclassement pénible et humiliant.

Une assurance destinée aux dirigeants d’entreprise fonctionne sur le même principe que le système d’assurance chômage géré par l’UNEDIC et les partenaires sociaux pour les salariés. La gestion de ce risque est aussi un moyen de préserver la capacité d’entreprendre. De par sa fonction, tout chef d’entreprise doit avoir le regard tourné vers l’avenir et l’ensemble des risques dont il est porteur, tant pour l’organisation qu’il dirige et ses salariés que pour lui-même. Le risque de chômage qu’il encourt doit évidemment être pris en compte en période de crise et d’incertitude économique. Cotiser au régime général des salariés est une obligation incontournable sur laquelle les pouvoirs publics ont conservé un droit de regard, insiste Michael Mahiddini. Permettre à ceux dont la prise de risques est un métier de rebondir en cas d’échec ou de coup dur est aussi un enjeu de société.